Bloody January

Les deux semaines de congés de fin d’année ont eu raison des dernières velléités de rester ensemble. Ils et elles ont résisté – pour Noël, pour Nouvel An, pour les Rois mages et mêmes pour les enfants, pour la famille et le qu’en-dira-t-on. On n’allait pas gâcher ça – pas ces bulles, pas ce foie gras, pas ces paillettes ! Mais, malgré une résistance honorable, tout s’est effondré. Trop d’heures, trop de jours en tête-à-tête, avec un supplément de gosses et de vieux. La première semaine de janvier – dit-on, dans les couloirs des bureaux, dans les cantines des ministères – est la plus meurtrière. Genre : balance ton connard, balance ta grosse. Non, les fêtes n’ont rien réglé. Ou alors tout, selon le point de vue. Le terme est arrivé, comme un soulagement. Parce que dans les couloirs, à la cantine, dans les bureaux soudain repeuplés, il y a du potentiel, il y a des possibilités, réelles ou fantasmées, mais du lourd, palpable avec les yeux et le reste. Aujourd’hui – nouveau venu sur la scène du « chaque-jour-un-truc-à-célébrer » – c’est le D-Day, pas celui où on se faisait dézinguer à Omaha Beach sous un feu nourri de MG-42, mais le très officiel Divorce Day, ce moment crucial, le nettoyage de printemps en hiver, avec des flocons de pellicules et des kilos de mal-être. Balance ta dinde de Noël ! Balance ton blaireau qui a fait de la couenne pendant « l’entre-deux-fêtes » ! En période de soldes, il faut savoir dégraisser avant de refaire le plein. Promis, l’année prochaine, on essayera de moins gaspiller…

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