Les Dessous de La Cambre

LesdessousAnne-Marie, seize ans, a disparu depuis cinq jours. Elle a été aperçue pour la dernière fois dans l’enceinte de l’abbaye de la Cambre. Fugue, enlèvement ou assassinat ? La police piétine. La mère de la jeune fille fait appel à Van Kroetsch, un détective privé aux méthodes pour le moins particulières…Les suspects sont nombreux. Car il y a du monde à l’abbaye. Plus de moniales… mais les étudiants d’une école d’art, les employés d’un institut cartographique, sans oublier les promeneurs qui arpentent les jardins.  Van Kroetsch rencontre un vieux concierge et un cartographe qui lui font découvrir le site d’une façon originale : plans anciens à l’appui. Pendant qu’il recherche Anne-Marie, le détective emmagasine les données historiques. L’église, le cloître, la cour d’honneur, le palais abbatial, tout est encore en place pour se représenter ce que fut cette grande abbaye cistercienne. Ce que Van Kroetsch va découvrir le mettra face à ses propres blessures…

Une enquête rock ‘n’ roll, un road movie statique au cœur du plus bel ensemble monastique de la région bruxelloise !

Les Dessous de la Cambre (roman), 180° éditions, 2012.

http://180editions.com

 

Extrait:

« J’étais détective privé depuis peu de temps. Jusque-là, j’avais réglé une petite dizaine d’affaires. Quand je dis « réglé », je me comprends. Disons que j’avais aidé les clients à faire le deuil de ce qu’ils avaient perdu – leur conjoint, la plupart du temps. J’étais engagé pour faire la filature de maris ou d’épouses infidèles. Je passais de longues heures dans ma voiture, devant des villas luxueuses du sud de Bruxelles, devant des immeubles à appartements plus standards de la banlieue, voire des hôtels du centre-ville où se retrouvaient les couples illégitimes. Je m’ennuyais énormément durant ces séances d’observation. Je mangeais des boîtes de thon, parfois des frites. Je n’étais pas contre une bière. Je prenais des notes que je n’arrivais pas à relire une fois rentré chez moi. Ça payait plutôt mal. Juste de quoi m’acquitter de mon loyer et faire avancer cette vieille voiture dans laquelle je passais plus de temps qu’à mon domicile.

La jeune fille avait disparu près de la mare aux canards. Dumortier avait insisté là-dessus :

– Oui, la mare aux canards. C’est là que la police a trouvé son sac à dos.

– La mare aux canards ?

– Un étang ou que sais-je… Vous êtes idiot ou quoi, Von Krout ?

La mare en question était une sorte de grand bassin entièrement maçonné. Pas un seul canard dessus, mais beaucoup de poissons rouges au fond, des grosses bestioles un peu grasses, sans doute parce que les vieilles du quartier leur donnaient trop souvent à manger. Un héron ne s’y était pas trompé. Haut perché sur ses interminables pattes, il demeurait immobile de longues minutes au bord de l’eau, à l’affût. Il toisait ces stupides poissons rouges serrés les uns contre les autres, puis il plongeait pour en attraper un. »

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