Macronésie

Une nouvelle parue dans la revue littéraire Marginales n° 296 en septembre 2017.

De toute façon, c’était plié, et même déjà rangé, remisé au fond d’une armoire pour cinq ans. On avait suivi ça à la télévision sur l’île. En tout cas au début, quand il y avait encore un enjeu, une forme d’espoir. Même si cet espoir ne concernait pas vraiment les insulaires. La métropole, d’accord. Mais ici ? Au milieu de l’océan, sur ce rocher perdu au milieu d’autres rochers, au milieu d’autres passions. Sur la plus petite des îles éparpillées, tout cela relevait de la fiction. Une belle mise en scène, savamment orchestrée, avec des images, beaucoup d’images, des petites apothéoses, des rebondissements, des chutes magnifiques et des remontées épiques. On n’avait pas mal picolé dans les bistrots du port en commentant les événements marquants de la campagne électorale, mais sans trop s’impliquer, comme on lève de temps en temps la tête vers l’écran pour suivre l’évolution d’une course cycliste – les écarts étaient importants. Certains soirs, les esprits s’étaient échauffés. Les verres successifs, les trains de bouteilles sur le zinc, les liquides sang et or avaient fait ressortir les vérités de chacun, les craintes, les frustrations. La présidentielle et les législatives étaient loin. Place aux élections municipales, place au concret.

Ici pour lire la suite.

Marginales n°296 – 10 euros

Comments are closed.