Port-au-Persil

Chris Borowski, chroniqueur désabusé de courses cyclistes, doit rejoindre sa compagne, Adélaïde au Québec. Une grève sauvage l’empêche de traverser le Saint-Laurent,. Bloqué sur la Côté de Charlevoix, il trouve une chambre dans un gîte à Port-au-Persil, petite bourgade perdue entre le fleuve et la route 138. Là, il faut la connaissance d’une multitude de personnages plus décalés les uns que les autres. A l’écart du monde, il entreprend la lecture obsédante d’un livre qu’il a emporté avec lui au fond de ses bagages.

Construit sous forme de séquences emportant le lecteur du Québec à la Belgique, ce roman explore, avec cynisme et tendresse, tous les thèmes chers à l’auteur : le retour au passé, la réféence au père, l’errance et le voyage, la recherche de soi, la mort et, bien sûr, l’amour…

Port-au-Persil (roman), Bernard Gilson Éditeur, 2010.

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« Ma rencontre avec Adélaïde se fit à une époque où je testais régulièrement ce que j’appelle la théorie du soufflé : des histoires brèves, d’un mois ou deux, excessives, parfois même un peu violentes et qui s’effondraient systématiquement… comme un soufflé. Avant cela, j’avais vécu assez monacalement. Tout le monde a connu ça. Une traversée du désert, un purgatoire, une épreuve en solo, en se demandant, comme dans un spot de la loterie nationale : Tombera, tombera pas ? Parce que, merde, il n’y a pas qu’à nous que cela doit arriver. Il y avait eu le Big Bang, la déchirure des origines, la première rupture qui compte, le premier départ qui fait que quelque chose casse en vous de manière irréversible . Puis, encore des météorites, des femmes qui vous tombaient dessus, anéantissant des contrées entières ancrées en vous, les dépeuplant à jamais, comme ces roches venues de l’espace qui firent disparaître les dinosaures. Longtemps après, un homme était apparu, vous, d’une nouvelle espèce marquée par une série d’accident de la vie, de l’amour. Un homme malheureusement doué de raison, qui n’avait plus d’autre choix que de marcher droit devant lui, peut-être seul pour l’éternité. Je recollais les morceaux avec des histoires absurdes, me disant que le meilleur était malgré tout encore possible, faisant mienne cette phrase du roman de Hanif Kureishi, Intimité : Les amours potentielles traversaient sa chambre comme des actrices venant faire une audition pour un rôle qui n’était pas encore écrit. Dans tout ce fatras, Adélaïde n’était sans doute qu’un chapitre de plus. »

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