Story 100 : Les gens m’emmerdent

GensC’est pas moi, c’est eux. Les gens ! Cette nébuleuse qui marche vers nous du matin au soir dans le seul et unique but de pourrir la journée. Une armée sans nom, mais déterminée, porteuse de poisse, de nouvelles médiocres et de mauvaises intentions. Les gens m’emmerdent. Quelques mots lancés à la face du monde quand les certitudes se fissurent, quand le ciel s’ennuage d’une déliquescence générale. C’est pas moi, c’est le contexte – l’autre. Un constat en forme de vases communicants. Car on est tous le connard de quelqu’un, un être épidermique, vexatoire, perturbateur, gâcheur impromptu, assaillant sans pitié de la bulle d’autrui. S’ils m’emmerdent tant – beaucoup, passionnément, à la folie – c’est que, quelque part (dans une galaxie plus ou moins lointaine), je les aime, les gens. On reporte sur ces anonymes horripilants, nos ratés, nos déboires, nos petites lâchetés, les accusations et les impostures. On invective les gens dans le vague pour se dédouaner de tout et de rien, pour sentir sous sa peau une consistance différente. Une vie sans emmerdeurs ressemblerait à une course sans obstacles, à un chemin monotone, un pays sans relief, un week-end sans amour, une femme sans rondeurs, des yeux sans expression, le comptoir d’un bistrot sans les potins du quartier… Définitivement, les gens m’emmerdent pour le meilleur du pire.

Lecture musicale : The Kills, Fuck The People

 

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