Story 55 : L’odeur des villes

Odeur des villesC’est quoi l’odeur d’une ville ? Bruxelles, Londres, Paris, New-York, Budapest… C’est souvent l’odeur du métro. Le premier choc olfactif en sortant du train ou de l’avion. Un contact avec les entrailles de la ville. La promiscuité de tout en bas, là où ça grouille. Ce laboratoire d’odeurs emmêlées. Quelque chose qu’on n’a pas le droit de refuser, qui s’impose comme la senteur indissociable des premières images, des premières impressions. Et quand on sort de la station, c’est une autre bouffée qui nous arrive. La ville sous le soleil. Une odeur minérale qui donne l’illusion que la pierre du moindre monument à quelque chose à avouer… Plus loin, il y en a pour tous les dé(goûts). Un groupe de belles trop parfumées. Les mille et une senteurs des parcs publics. La pisse des chiens et des hommes sous les ponts. Les gaz des mobylettes. Les clodos étalés sur le parvis des églises. Les feuilles mortes écrasées par les trams. L’asphalte qui ramollit lors des fortes chaleurs. Les rues à pittas et dürüms. Les bars où l’odeur de l’alcool a remplacé celle de la clope. Les regards qui puent dans les quartiers chauds… Des parfums et des effluves citadins à l’infini. Et puis, enfin, la ville mouillée. La ville lavée de toutes ces odeurs et cette autre qui surgit : la cité humide, purifiée, fraîche – pour combien de temps ?

Lecture musicale : Cinematic Orchestra, Reel life (Evolution II)

 

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